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"L'Occident a conquis le monde non par la supériorité de ses idées, valeurs ou religion mais par sa supériorité à planifier la violence. Les occidentaux oublient souvent ce fait, les non occidentaux jamais."

"the West won the world not by the superiority of its ideas or values or religion but rather by its superiority in applying organized violence. Westerners often forget this fact, non-Westerners never do."

Samuel P. Huntington (Auteur du Choc des Civilisations)

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Le tiers de l'humanité vit avec moins d'un dollar par jour, les 2/3 avec moins de deux dollars...
Dimanche 10 décembre 2006 7 10 /12 /Déc /2006 14:10

Dans un entretien au quotidien Var-Matin du 2 décembre 2006 relayée par le quotidien France Soir Pascal Sevran persiste et signe. Interrogé, l'animateur répond: "Et alors? C'est la vérité! L'Afrique crève de tous les enfants qui y naissent sans que leurs parents aient les moyens de les nourrir. Je ne suis pas le seul à le dire. Il faudrait stériliser la moitié de la planète!".

De nombreuses associations et citoyens révoltés par ces propos racistes et eugénistes exigent que l'animateur soit interdit d'antenne sur France 2. L’on peut d’ailleurs écrire en ce sens à Patrick de Carolis, président de France Télévisions.

Ami de l'ancien président socialiste François Mitterrand, Pascal Sevran est aujourd'hui proche du président de l'UMP Nicolas Sarkozy.

Quels sont les mécanismes réels qui font que l’Afrique crève de faim et qui n’ont rien à voir avec « la bite des noirs » comme le dit si élégamment cet abruti.

Depuis la moitié des années 1980, les Nations très endettées ont vu leur dette ré-échelonnée. Le paiement du principal est renvoyé à des jours meilleurs. En attendant elles doivent payer le service de la dette (les intérêts) qui tournent, en moyenne, aux alentours de 20%, bien au delà du taux d’usure pratiqué à l’intérieur de la Communauté européenne, (8,15%  en juin 2002!).

Il est à noter qu’il n’existe pas de taux d’usure au niveau international ! Or un taux de 20% représente un coût énorme, doublant la dette tous les 5 ans ! Ce sont ainsi des sommes considérables qui ont déjà été versées par les pays pauvres sans que le principal de leur dette soit diminuée le moins du monde.

Donc « Le service de la dette est ainsi, d’une manière générale, à peine inférieur à la valeur des exportations en biens et services, si nous prenons la moyenne de ces pays ». Ce qui veut dire que le « salaire » de ces Nations, à savoir le montant de leurs exportations, est quasi intégralement consacré à rembourser les intérêts de la dette !

Le phénomène capital, menant à cette situation inique, est le résultat de la dislocation des Accords de Bretton Woods, en 1944, qui devaient, à l’origine, permettre de redistribuer une grande partie des réserves en or amassées par les États-Unis pendant et entre les deux guerres mondiales. Cette redistribution, achevée (en 1971), ne sera hélas, suivie d’aucun retour à l’ancien système de l’étalon or, ni ne sera fondé aucun nouvel ordre monétaire, ne portant la marque exclusive d’un impérialisme particulier.

Le 15 août 1971 les Accords de Washington confirmèrent la suppression de la garantie or du dollar et octroyèrent donc aux USA l’opportunité d’être le seul pays au monde à ne pas avoir besoin de réserves pour garantir leur monnaie. Autrement dit, les Etats-Unis ont, depuis cette date, « le droit et le privilège exorbitant d’émettre la monnaie internationale, et de pouvoir, par là même, acheter les biens du Monde avec du simple papier »

Il faut aussi savoir que les États du Sud, souvent dirigés par des despotes, à la botte de leurs maîtres du Nord, confondant leurs fonds propres avec les biens publics, ont rarement utilisés les prêts consentis pour développer les forces productives de leurs pays. Ainsi les sommes empruntées ont fréquemment abouti dans les coffres des paradis fiscaux, tels la Suisse et ses fameux comptes secrets, au profit exclusif des tyrans et de leurs familles.

Pour achever les pays endettés il ne manquait plus que les experts du FMI, qui, par le plan Brady du 10 mars 1989, proposèrent l’échange de la dette contre l’acquisition des entreprises nationalisées de ces États (compagnies pétrolières, eau, gaz, électricité, mines etc.).

Les grandes compagnies internationales, après socialisation des dettes, c’est-à-dire après avoir fait payer aux peuples des pays sur endettés les pertes de ces entreprises, les achetèrent donc, avec de la monnaie de singe, faisant ainsi des affaires en or, relevant davantage du brigandage que du commerce international!

Il ne restait plus au FMI qu’à imposer la hausse des taux d’intérêts pour, soi-disant, attirer les capitaux flottants dans ces pays et ainsi « relancer » l’économie. Le crédit devint si cher que la contraction des investissements et du volume des affaires furent désastreux.

On peut donc constater les difficultés extrêmes à honorer leur dette, sans même parler du remboursement du principal, de la part tous ces pays en voie de paupérisation. Cela conduit des millions d’individus à connaître des conditions de vie effroyables.

Les USA, quand à eux, peuvent se permettre, sans dommages, un déficit 1,5 milliard de dollars par jour! Autrement dit, faire payer leur dette par les autres grâce à la faculté qu’ils ont, et eux seuls, d’émettre la monnaie internationale

Je pense que l’on peut affirmer que la médecine homéopathique ne viendra pas à bout de cette conjoncture catastrophique. Ainsi affirmer que les cours mondiaux des produits et matières premières sont trop bas, sous-évalués, en Occident, par les « tenants de l’économie marchande », masque les mécanismes économiques illégitimes, causes de la mort de populations entières. C’est-à-dire :

1. L’hégémonie du dollar comme monnaie d’échange et de réserve à l’échelon international. (donc l’impérieuse nécessité de changer d’ordre monétaire international).

2. Le bradage des entreprises des pays endettés pour, soi-disant, diminuer la dette

3. La hausse des taux d’intérêt (pour, soi-disant attirer les capitaux flottants) imposée par le FMI, réforme qui renchérit le crédit, donc provoque la crispation d’économies déjà agonisantes.

Rien à voir donc avec les âneries du richissime spécialiste des petites ritournelles à la con sur France2.

Par JF - Publié dans : Économie
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Jeudi 7 décembre 2006 4 07 /12 /Déc /2006 17:03

J’ai lu hier qu’un Français sur deux pensait qu’il pourrait devenir SDF. Perte d’emploi, séparation et absence de bonnes relations familiales sont des facteurs qui peuvent mener à une déchéance rapide.
Depuis plus de 20 ans que les économistes, de droite comme de gauche, ont conclu sur la nécessité de profondes réformes sociales (comprendre régressions sociales) les SDF se multiplient dans les rues de nos cités.

Un seul mot d’ordre dans les bouches de nos élites, attaquer les privilèges. Ceux des fonctionnaires, par exemple, qui travaillent sans la peur au ventre du licenciement comme le font les employés du secteur privé. Ou les régimes de retraites, spéciaux ou non.

En fait, il s’agit d’organiser la baisse générale du niveau de vie des masses salariées sans toucher en rien aux vrais privilèges. Salaires faramineux des grands patrons d’entreprise à plus d’un million d’euros par mois, stock-options et parachutes dorés etc…

De plus en plus, le Smic devient le salaire de référence et il serait, paraît-il, nécessaire d’attaquer le niveau d’indemnisation du chômage, comme ce fut le cas en 2003, avec la forte baisse de l’ASS, si l’on veut qu’il y ait une différence sensible de revenus entre ceux qui travaillent et ceux qui chôment.

La révolte contre le CPE a été endiguée. Tout a été fait pour qu’elle ne dégénère pas en une gigantesque protestation musclée contre la précarité. S’en tenir au CPE et juste au CPE telle a été la politique des confédérations syndicales et des partis de gauche. Et ça a marché ! Finalement les jeunes ont été couillonnés, mais tout autant ceux qui n’ont pu entrer massivement dans la danse : les travailleurs et les chômeurs…

A quand un grand mouvement contre la précarité et les bas salaires débarrassé de la tutelle de ceux qui le freinent puis le tuent…?

Par JF - Publié dans : Économie
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Jeudi 26 octobre 2006 4 26 /10 /Oct /2006 12:40

 

L’économie sociale apparaît dans la première moitié du XIXème siècle à l’époque de l’essor de l’industrie qui attire en masse les gens des campagnes vers les villes. Elle est conçue comme permettant au travail de résister au capital.


Beaucoup de penseurs socialistes, anarchistes et chrétiens du XIXème siècle théorisèrent cette idée d’économie sociale.

-Robert Owen (1771-1858) fondateur du mouvement coopératif en Angleterre.
-Charles Fourier (1772-1837) créateur des phalanstères communautaires.
-Jean-Philippe Buchez (1796-1866) et ses associations ouvrières de production.
-Louis Blanc (1811-1882) théoricien des ateliers sociaux.
-Pierre Joseph Proudhon (1809-1865) initiateur du mutuellisme et de l’autogestion.

Pendant tout le XIXème siècle on assistera à la mise en place des premières coopératives, associations, caisses de secours mutuels et syndicats. Il est à noter que ce sont des ouvriers qualifiés, organisés en branches professionnelles, qui furent à l’origine de ces nouvelles formes de résistance. Les « gagne-deniers », les journaliers et autres masses de miséreux étant, aux origines, exclus de ce type de regroupements.

On observe également l’apparition d’une tradition chrétienne sociale qui dit refuser aussi bien le libéralisme que le socialisme, c’est-à-dire, à cette époque, la révolution. Cette tradition chrétienne sociale est, d’ailleurs, l’ancêtre de la troisième voie chère aux sociaux-démocrates d’aujourd’hui. L’expression « économie sociale » apparaît d’ailleurs avec Le Play (1806-1882), théoricien du catholicisme social.

L’économie sociale tente alors de répondre à des besoins réels des classes populaires en créant les caisses de secours (assurance maladie) et le crédit coopératif. L’économie sociale doit, durant toute cette période, défier la loi Le Chapelier, votée en 1791, interdisant les corporations jusqu’à l’abolition du délit de coalition en 1864, l’adoption de la Charte de la mutualité en 1898, puis le vote de la loi 1901 instituant la liberté d’association.

Cette reconnaissance institutionnelle, acquise après une longue phase de répression parfois sanglante, entraîne même, au début des années 1880, l’adhésion des républicains qui voient dans la coopération « un rempart contre le socialisme ».

La IIIème République soutiendra les mutuellistes qui deviendront des gestionnaires avisés. Ils seront à l’origine de la fondation de la Sécurité sociale.

L’économie sociale et solidaire, en France, aujourd’hui

L’économie sociale et solidaire fut officiellement reconnue par les institutions sous le gouvernement Jospin avec la création d’un Secrétariat d’État à l’économie sociale et solidaire. Secrétariat d’État d’ailleurs supprimé par le gouvernement Raffarin.

De nos jours, l’économie sociale et solidaire regroupe trois grands secteurs d’activités.

1) Le secteur mutualiste (mutuelles d’assurances et sociétés de crédit mutuel)
2) Le secteur coopératif (Les scops et le Crédit coopératif)
3) Le secteur associatif

Regrouper aujourd’hui ces trois pôles sous un même label relève de la gageure. Quelle comparaison faire entre le Crédit agricole par exemple et une association d’insertion ?
L’on peut se poser la question de savoir quelle est, aujourd’hui, l’efficacité réelle pour réduire la marginalisation sociale, des mutuelles ainsi que du secteur coopératif ?

L’on assiste, depuis une dizaine d’années, à un phénomène nouveau, celui de la création d’associations, toujours plus nombreuses à exercer une activité productive sans but lucratif.

Elles produisent des services, non rentables pour la sphère privée capitaliste, et dont l’État est plus ou moins absent. Les associations d’insertion, créant leur propre activité de production et de formation et qui mettent à la disposition de particuliers, ou des collectivités locales, des demandeurs d’emploi en sont un exemple. Les Régies de quartier, employant les habitants d’une cité, en sont un autre.

Les associations, en France, contribuent pour 3,3% au PIB et pour 4,2% de l’emploi total en France (en l’an 2000). Ce qui veut dire que celles-ci ont réellement connu un développement considérable ces dernières années.

Il est certain que, de nos jours, de nombreux besoins sociaux ne sont toujours pas satisfaits pour une partie non négligeable de la population (logement, éducation, santé, transports publics, personnes âgées, handicapés etc.…)

Dans la mesure où des initiatives sont prises, en dehors de la sphère marchande, pour tenter de combler ces besoins, des sociologues et même des économistes ont théorisé cette prise en charge pour fournir aux expérimentateurs une légitimité idéologique.

L’économie solidaire est ainsi née.

Le commerce équitable

Les entreprises se réclamant du commerce équitable garantissent aux petits producteurs du Sud la commercialisation de leurs produits à des prix plus rémunérateurs que ceux des cours mondiaux. Né au milieu des années 1960, ce concept de commerce équitable est issu de personnes se réclamant de la solidarité envers le Tiers-Monde et dénonçant l’exploitation des ressources des pays du Sud par ceux du Nord.

La dérégulation des marchés serait due, selon eux, à la mise en concurrence forcenée, prônée par l’Organisation mondiale du commerce (OMC), entre pays riches et pays pauvres n’ayant pas les mêmes capacités de conquête des marchés. Proches des mouvements alter mondialistes, les entreprises et partisans du commerce équitable affirment que ces pratiques commerciales correspondent à une nouvelle forme de colonisation qui affame les pays du Sud.

Dénonçant les « crises engendrées par la libéralisation du commerce mondial » ils entendent engager une démarche politique et éducative sur les conséquences de la mondialisation.

Les principes du commerce équitable se veulent une critique et une révolte contre les mécanismes du marché. C’est aussi une forme concrète d’économie solidaire. Sont donc pris en compte par les entreprises du commerce équitable des critères économiques mais aussi des critères sociaux et environnementaux. « Un autre Monde est possible » disent-ils mais sans toujours définir clairement leurs objectifs.

Aujourd’hui les grandes surfaces, Carrefour, Auchan, Cora, Leclerc, Système U, distribuent des produits issus du commerce équitable. Ce concept est à la mode. Jusqu’à France Info qui, au mois de mai 2004, diffusait une publicité pour une marque de café « équitable ».

Pourtant la prolifération de produits équitables a semé la zizanie entre ceux qui participent aux réseaux de la grande distribution et les « puristes » qui subissent d’ailleurs, en raison de cette concurrence, un tassement de leurs ventes. La revue Politis, à ce sujet, pose ainsi la question « Va t-on assister, à cause de la cupidité d’une poignée d’inconscients, à la fermeture de boutiques équitables ?  »


L’économie solidaire est-elle le « cheval de Troie » du désengagement de l’État en matière de protection sociale ?

Pour les tenants de l’économie sociale et solidaire celle-ci ne peut se substituer au secteur public. En effet tout au long de son histoire l’ESS a regroupé des citoyens élevant la question de la solidarité en tant que principe économique permettant d’organiser une production commune tout en délivrant des secours mutuels. Ceci a permis de rendre possible une action publique de protection de l’ensemble des salariés. C’est le cas, par exemple, en ce qui concerne la Sécurité sociale, issue des sociétés de Secours mutuels. Donc, dans la durée, apparaissent des interactions constantes et évolutives entre actions collectives citoyennes et actions de protection sociale publiques.

Pour les critiques, les concepts d’« Allocation universelle » et de « pleine activité », avancés par les partisans de l’ESS, permettront la compression drastique des programme sociaux dispensés par l’État, qui se déchargerait ainsi de ses responsabilités sur les associations et se défausserait, sur elles, de l’extension d’un emploi plus fragile, précaire, et dont la rémunération serait l’addition de nombreuses petites aides ou financements. Ceci faisant perdre toute consistance à la notion de salaire et contribuant, un peu plus, à vider de son contenu le Droit du travail.

Un autre concept issu de l’ESS est qu’il faut « sortir » d’un salariat aliénant pour se diriger vers de nouvelles formes de travail. Cette position est également contestée.

Penser que le travail salarié pourrait disparaître tandis que le capitalisme fondé sur le rapport salarial continuerait de s’étendre n’a aucun sens, affirment les critiques de l’ESS. La « sortie » du salariat ne signifierait ainsi qu’un affaiblissement des protections sociales acquises. L’État pouvant ainsi se défausser sur les associations.

Le concept de « pleine activité » ne serait ainsi qu’une tentative de théorisation apologétique de la dualisation de la société, considérée comme irrémédiable, entre ceux qui auraient une place dans toutes les sphères de la société et ceux qui seraient exclus du jeu monétaire « normal ».

Il faut au contraire, disent-ils, réaffirmer la légitimité de l’extension des services collectifs non-marchands. La bataille de l’emploi pour tous, le devoir de réinsertion pour tous les individus dans le champ économique est fondamental. Aujourd’hui que le Droit du travail perd de sa substance réaffirmer ces objectifs leur paraît essentiel.

Le commerce équitable est-il une alternative aux inégalités criantes déterminant les échanges entre le Nord et le Sud ?

En tout premier lieu, avant de parler de commerce équitable, il faut savoir en quoi et par quels mécanismes les échanges internationaux sont inégaux, entre les pays riches d’une part, et les pays pauvres de l’autre.

On peut bien sûr effectuer un constat : les Nations du Sud sont au bord de l’asphyxie, leur surendettement est catastrophique et leurs peuples sont au bord de la famine. Aujourd’hui, la moitié des habitants de notre planète vivent avec moins de 2 dollars par jour, 1/3 avec moins d’un dollar. Le surendettement est, bien sûr, le problème essentiel, menant à la mort des millions de gens de ces pays en quasi faillite.

Depuis la moitié des années 1980, les Nations très endettées ont vu leur dette ré- échelonnée. Le paiement du principal est renvoyé à des jours meilleurs. En attendant elles doivent payer le service de la dette (les intérêts) qui tournent, en moyenne, aux alentours de 20%, bien au delà du taux d’usure pratiqué à l’intérieur de la Communauté européenne, (8,15%  en juin 2002!) .

Il est à noter qu’il n’existe pas de taux d’usure au niveau international ! Or un taux de 20% représente un coût énorme, doublant la dette tous les 5 ans ! Ce sont ainsi des sommes considérables qui ont déjà été versées par les pays pauvres sans que le principal de leur dette soit diminuée le moins du monde.

Donc « Le service de la dette est ainsi, d’une manière générale, à peine inférieur à la valeur des exportations en biens et services, si nous prenons la moyenne de ces pays ».  Ce qui veut dire que le « salaire » de ces Nations, à savoir le montant de leurs exportations, est quasi intégralement consacré à rembourser les intérêts de la dette !

Le phénomène capital, menant à cette situation inique, comme le dit M. Norman Palma,  est le résultat de la dislocation des Accords de Bretton Woods, en 1944, qui devaient, à l’origine, permettre de redistribuer une grande partie des réserves en or amassées par les États-Unis pendant et entre les deux guerres mondiales. Cette redistribution, achevée (en 1971), ne sera suivie d’aucun retour à l’ancien système de l’étalon or, ni ne sera fondé aucun nouvel ordre monétaire, ne portant la marque exclusive d’un pays particulier.

Le 15 août 1971 les Accords de Washington confirmèrent la suppression de la garantie or du dollar et octroyèrent donc aux USA l’opportunité d’être le seul pays au monde à ne pas avoir besoin de réserves pour garantir leur monnaie. Autrement dit, les Etats-Unis ont, depuis cette date, « le droit et le privilège exorbitant d’émettre la monnaie internationale, et de pouvoir, par là même, acheter les biens du Monde avec du simple papier »

Il faut aussi savoir que les États du Sud, souvent dirigés par des despotes, confondant leurs fonds propres avec les biens publics, ont rarement utilisé les prêts consentis pour développer les forces productives de leurs pays. Ainsi les sommes empruntées ont fréquemment abouti dans les coffres des paradis fiscaux, tels la Suisse et ses fameux comptes secrets, au profit exclusif des tyrans et de leur famille.

Pour achever les pays endettés il ne manquait plus que les experts du FMI, qui, par le plan Brady du 10 mars 1989, proposèrent l’échange de la dette contre l’acquisition des entreprises nationalisées de ces États (compagnies pétrolières, eau, gaz, électricité, mines etc.).

Les grandes compagnies internationales, après socialisation des dettes, c’est-à-dire après avoir fait payer aux peuples des pays sur endettés les pertes de ces entreprises, les achetèrent donc, avec de la monnaie de singe , faisant ainsi des affaires en or, relevant davantage du brigandage que du commerce international!

Il ne restait plus au FMI qu’à imposer la hausse des taux d’intérêts pour, soi-disant, attirer les capitaux flottants dans ces pays et ainsi « relancer » l’économie. Le crédit devint si cher que la contraction des investissements et du volume des affaires furent désastreux.

On peut donc constater les difficultés extrêmes à servir leur dette, sans même parler du remboursement du principal, de la part tous ces pays en voie de paupérisation. Cela conduit des millions d’individus à connaître des conditions de vie effroyables, à côté desquelles les malheurs des indigents des ghettos américains, dont nous parlons dans notre rapport de stage, ne sont que tout à fait relatifs.

Les USA, quand à eux, peuvent se permettre, sans dommages, un déficit  1,5 milliard de dollars par jour  ! Autrement dit, faire payer leur dette par les autres grâce à la faculté qu’ils ont, et eux seuls, d’émettre la monnaie internationale comme le stigmatisait le général de Gaulle dès 1965.

Je pense que l’on peut affirmer que la médecine homéopathique ne viendra pas à bout de cette conjoncture catastrophique. Ainsi affirmer que les cours mondiaux des produits et matières premières sont trop bas, sous-évalués, en Occident, par les « tenants de l’économie marchande », masque les mécanismes économiques illégitimes, causes de la mort de populations entières, tout en se donnant bonne conscience, en concédant à une poignée de « petits producteurs du Sud » des prix plus élevés que ceux du marché.

Il y a dans cette démarche, qui se veut de solidarité, un petit aspect paternaliste à l’égard de ses protégés, qui ne peuvent vivre de leur travail sans leur amis occidentaux.

Je n’ai, à l’heure actuelle, pas trouvé de définition très précise, de ce qu’est le commerce équitable. J’ai discuté de cette question avec les responsables d’une entreprise équitable du réseau Phares. Il semble que, au sein de ce mouvement, il y ait encore débat sur de nombreuses orientations fondamentales. Des tendances existent, (ce qui n’a d’ailleurs rien d’anormal).
Cependant, pour revenir à une situation plus saine au plan international, il paraît capital de dénoncer :

1. L’hégémonie du dollar comme monnaie d’échange et de réserve à l’échelon international. (donc l’impérieuse nécessité de changer d’ordre monétaire international).
2. Le bradage des entreprises des pays endettés pour, soi-disant, diminuer la dette
3. La hausse des taux d’intérêt (pour, soi-disant attirer les capitaux flottants) imposée par le FMI, réforme qui renchérit le crédit, donc provoque la crispation d’économies déjà agonisantes.

et proposer :

4. L’instauration d’un taux de crédit international, abolissant les taux d’usure actuels, (à l’image de ce qui se pratique dans la CEE) permettant un service de la dette acceptable pour les pays emprunteurs.

Particularités des structures se réclamant de l’économie solidaire et sociale (ESS)

Les instances dirigeantes de l’économie solidaire, élues, sont le plus souvent bénévoles, fixent les orientations et prennent les décisions, mises ensuite en œuvre par les salariés.
La relation « citoyenne » entre adhérents, dirigeants, élus et salariés est constitutive de l’économie solidaire. Intervenir dans la protection sociale, la santé, l’environnement, la culture, l’éducation exige cependant de plus en plus de compétences. Ce qui engendre la spécialisation, inévitable, au sein des structures de l’ESS.

Les salariés (souvent hautement qualifiés), présents en permanence, apprécient bien mieux, la plupart du temps, les enjeux que ne le font les représentants des adhérents au Conseil d’administration (CA). Présents en permanence et traitant toutes les affaires de l’organisation ils possèdent souvent, et eux seuls, tous les éléments nécessaires à une prise de décision rapide. Ils dirigent donc la structure, au risque d’oublier, parfois, les valeurs initiales du projet.

A l’Assemblée générale annuelle les adhérents sont souvent absents. D’une part le poids du/des dirigeants s’appuyant sur d’indéniables compétences techniques est prépondérant. D’autre part le manque de prise en compte des contraintes techniques et économiques chez les bénévoles est fréquent.

On peut alors assister à une lutte de pouvoir entre les « techniciens » et les « militants », autrement dit une lutte entre le « gouvernement des compétents » d’un côté, et de l’autre les partisans du « contrôle démocratique ». En effet, dans la plupart des cas, les professionnels dirigent la structure, qu’ils soient simples salariés ou élus. Se dessinent alors les contours suivants :

 Une « Gouvernance d’administrateurs techniquement compétents co-dirigeant avec des techniciens et définissant les orientations et tranchant les questions techniques en fonction des valeurs de l’ESS. Dans ce cas, il est possible que le lien avec la base citoyenne, en partie démobilisée, réfugiée dans une attitude de consommateur soit quelque peu distendu » .

Généraliser la participation des adhérents est pourtant essentiel, afin de maintenir la spécificité démocratique de l’ESS, ce qui entraîne d’ailleurs une légitimité accrue auprès des partenaires.

Le rééquilibre, lorsqu’il s’impose, peut passer par la formation des administrateurs bénévoles et des militants face à la compétence et à l’investissement des salariés.

Lorsqu’il y a problème entre culture de la compétence et militantisme bénévole, c’est toujours la décision démocratique, le lien social et le projet associatif qu’il faut interroger.

Rectifier le tir est parfois possible car les valeurs privilégiées par les cadres associatifs salariés sont « Solidarité, dynamisme et confiance associées à l’intérêt général, la citoyenneté et la pédagogie » et ils tentent d’articuler « professionnalisme, gestion et militantisme pour des valeurs » .

La réponse apportée par Nicolas Sadoul, citant en exergue les valeurs privilégiées par les cadres associatifs, me semble toutefois un brin optimiste. La spécialisation, la complexité croissante des organisations, quelles qu’elles soient, mène, avec le temps, à la naissance d’une direction oligarchique. Ce que Max Weber préfère appeler « bureaucratie », notion très voisine de celle de son élève, Robert Michel, qui, lui, parle de « la loi d’airain de l’oligarchie », incontournable, selon lui, dans toute structure un tant soit peu complexe.

Toujours est-il que les principes oligarchiques s’opposent aux principes démocratiques. C’est là une grande loi de l’histoire. L’antagonisme fondamental dominant-dominé, ou plus précisément, dirigeant-dirigé, non réfléchi et mal résolu, au sein d’organisations, même « citoyennes », mène à la paralysie, à l’inefficacité des projets et programmes les mieux conçus.

 

Par JF - Publié dans : Économie
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Samedi 21 octobre 2006 6 21 /10 /Oct /2006 18:33

 La « crise des banlieues », et la dégradation de l’habitat social

Cette question est évidemment au cœur des préoccupations politiques actuelles. Les quartiers situés à la périphérie des grandes villes de France sont les lieux privilégiés des tensions d’aujourd’hui. C’est là que se situent les enjeux permettant une certaine  "cohésion sociale".

Pour la plupart édifiés à la fin des années 1950, les HLM regroupaient, et ce jusqu’à la fin des années 1960, différents milieux sociaux (ouvriers, employés, professions intermédiaires et une petite partie des cadres supérieurs en début de carrière).

Pour beaucoup des locataires de cette époque, les HLM furent une réelle promotion. Chauffage central, eau courante, salle d’eau et WC intérieurs remplaçaient le logement vétuste et sans confort d’antan.

L’ambition des architectes urbanistes convertis aux idées du paradigme corbuséen était de créer une « cité radieuse » favorisant l’intégration sociale par le mixage harmonieux des classes sociales au sein d’une même communauté locale.

La suite est bien connue. Trop éloignés des centres-ville, mal reliés au tissu urbain, conception rapidement obsolète des logements, trop vite et mal construits, avec des matériaux se dégradant rapidement, sans isolation phonique ni thermique les HLM ont rapidement perdu ce qu’il convient d’appeler les « classes moyennes ». Pour ces dernières, les HLM ne représentaient qu’une étape de transition avant l’achat du pavillon individuel tant rêvé.

A partir des années 1975 (début des effets de la crise économique) vient le moment où ceux qui avaient encore espoir de quitter les grands ensembles n’en ont plus les moyens. Les derniers arrivés, Français ou immigrés, sont, pour la plupart d’entre eux, dans une situation beaucoup plus précaire que leurs prédécesseurs.

Il faut remarquer que la destruction des bidonvilles et le relogement de leurs habitants dans les HLM accentua la mixité « ethnique » dans les cités environnant la capitale. Ce qui ne fut pas sans poser certains problèmes de cohabitation. (10 000 personnes vivaient dans le bidonville de Nanterre, 15 000 dans celui de Champigny pour ne parler que des plus grands).

Aujourd’hui, le « noyau dur » des habitants des grands ensembles sont les couches les plus défavorisées de la société. Taux de chômage élevé des résidents, pauvreté, marquent ces territoires abandonnés par les classes moyennes, les fonctionnaires , et même par les ouvriers qualifiés depuis les années 1970 et surtout 1980.

On peut facilement y observer le délitement des liens communautaires. Ces derniers, durant les années 1960, avaient déjà souffert. Les populations « mixtes » des HLM ne bénéficiaient plus du même degré de solidarité entre elles que celui vécu auparavant dans les anciens quartiers ouvriers, dits « bas quartiers ». Car proximité territoriale de couches sociales et ethniques différentes ne veut pas dire solidarité entre elles. Souvent méfiance, sentiment d’appartenance à des valeurs et objectifs distincts ont érodé cette dernière. Comme l’affirmait Pierre Bourdieu :

« …en fait rien n’est plus intolérable que la proximité physique (vécue comme promiscuité) de gens socialement éloignés » .

Dans ces conditions, le « contrôle social » régresse peu à peu. Là où chaque adulte agissait auprès des enfants et des jeunes, car anticipant la réaction de parents obéissant aux mêmes règles et valeurs que lui, s’est substituée une situation où les locataires sont devenus des étrangers les uns pour les autres. Les jeunes sont les seuls, surtout le soir, à occuper les pelouses, cages d’escalier et caves qui, peu à peu, vont être considérés comme des espaces dangereux par les habitants.

Les problèmes de cohabitation Dans les HLM

On parle beaucoup des problèmes de cohabitation entre population française et population immigrée dans les grands ensembles. Il conviendrait d’ailleurs plutôt de dire entre population française de souche et population d’origine immigrée car la plupart des jeunes issus de l’immigration sont nés ou devenus Français.

Des conflits de voisinage étaient apparus dès la destruction des bidonvilles ( dans les années 1970) et le relogement dans les HLM des familles expulsées. Un véritable choc culturel a bien eu lieu, à cette époque, entre individus de coutumes et d’origines religieuses différentes. Qui ne connaissait alors ces histoires de plumes de volaille obstruant les vide-ordures ou le mouton que l’on égorge dans la baignoire de son appartement ?

Tout cela se passait une dizaine d’années seulement après les accords d’Évian (1962) mettant fin à la guerre d’Algérie, redevenue indépendante. Les répercussions de ce conflit sanglant furent nombreuses sur le territoire national. Les Arabes des bidonvilles, des garnis ou d’ailleurs, étaient étroitement encadrés par les militants du FNL et menaient une lutte sans merci contre l’État français. Au regard de ces évènements tragiques, qui ont laissé des traces dans les mémoires, et des différences culturelles importantes entre ces populations, il faut remarquer que la cohabitation s’est faite sans trop de problèmes.

La ségrégation était bien plus marquée qu’aujourd’hui, à l’époque des bidonvilles et de la guerre d’Algérie. Y pénétrer ne pouvait se faire sans l’accord des dirigeants algériens. En sortir, pour les Algériens, voulait dire s’exposer aux rafles voire aux ratonnades… A cette époque le seul point de contact entre les autochtones et les immigrés c’était l’usine.

Il faut remarquer que l’arrivée massive des immigrés dans les HLM correspond au moment où les ouvriers qualifiés Français, les employés et autres couches intermédiaires les quittent, en masse, ces derniers pour se loger dans les pavillons de la périphérie proches de leur lieu de travail. La maison individuelle symbolisant pour ces couches la réussite sociale.

A partir des années 1975 n’habitent plus les HLM que ceux qui ne peuvent en partir. Ils commencent à devenir un espace de relégation sociale confinant les plus pauvres, toutes origines confondues. C’est à ce moment que, pour les Français de souche, qui ne peuvent quitter les cités, l’ « immigré », venu à l’origine pour effectuer les travaux les plus durs et mal payés, souvent manœuvre ou OS (ouvrier spécialisé, c’est à dire justement sans spécialité !) leur renvoie une image sur-dévalorisée d’eux-mêmes. Ils se sentent déchus, Français de seconde zone, rétrogradés aux derniers rangs de la société, au même niveau que ces populations souvent méprisées.

C’est ainsi que vers la moitié des années 1970, les luttes des immigrés sur le logement (grève des loyers des résidents des foyers Sonacotra) ou lutte des ateliers d’OS de chez Renault, par exemple, ne rencontreront que très peu de sympathies, y compris de la part des syndicats, peu enclins à mécontenter leur base essentiellement composée d’ouvriers qualifiés Français, qui tenaient au maintien de leur statut supérieur à celui des immigrés. (qui ne pouvaient effectuer qu’un « travail d’arabe », dicton largement répandu, à cette époque, dans toutes les usines de France et de Navarre).

De plus les immigrés avaient souvent beaucoup d’enfants, donc une famille nombreuse aurait ajouté La Palice. Or une famille nombreuse a évidemment plus de relations qu’une petite fratrie. Donc elle reçoit plus souvent et plus de monde que ses voisins, d’où la célèbre polémique sur le « bruit et les odeurs », relayée, en son temps, par l’actuel président de la République, sans doute en mal de démagogie électoraliste.

En outre, la famille élargie, comprenant oncles, tantes, cousins, cousines, neveux et nièces a beaucoup d’importance dans les cultures méditerranéennes. « Que va dire la famille ? » est une interrogation de poids, posée fréquemment et où l’on sent percer une pointe d’inquiétude. Les enfants visitent très régulièrement leurs parents et pas seulement le week-end. Même devenus indépendants, très souvent, ils conservent leur lit chez les parents.

Les Français de souche habitant les HLM, souvent pauvres, n’accueillaient en général leurs proches que plus rarement. Se sentant souvent habiter un espace dégradé ils n’osaient pas toujours inviter leur famille. D’autre part il existe souvent un réel isolement de ces personnes dans les cités. C’est ce que remarquent souvent les « immigrés » qui constatent la misère morale de certains de leurs voisins. Ce qui n’est d’ailleurs pas sans parfois engendrer une certaine rancœur de la part de ces derniers, voire la jalousie tout simplement.

 Les zones pavillonnaires de banlieue nouveau point de tension

Avec le temps, des familles d’immigrés ont réussi à louer ou même à acheter des pavillons en banlieue et donc à quitter les cités HLM. Combien existe t-il de ces petites zones pavillonnaires, aux maisons pas très spacieuses, souvent en meulière, plus toutes jeunes et où il faut sans cesse retaper un jour le toit l’autre les volets etc. ? Souvent les municipalités ont acquis un certain nombre de ces maisons afin de les louer à des familles nombreuses, donc souvent « immigrées ».

Dans ces zones le score électoral du Front national est en général élevé. L’attribution de logements sociaux, l’arrivée de familles démunies dans ces quartiers qui se voulaient « résidentiels » provoque l’émergence de conflits de voisinage d’un type nouveau. Ces derniers sont souvent irrationnels et ne reposent presque sur aucune base objective.

Comme le dit Abdelmalek Sayad  à propos des personnes impliquées dans ces discordes :

« toutes engagent dans ces conflits tout leur être social, c’est-à-dire l’idée qu’elles se font d’elles mêmes ou, pour parler le langage qui a cours aujourd’hui, leur identité sociale (qui, ici, est en même temps, l’identité nationale et, par conséquent, une identité éminemment collective). »

Comment analyser ces conflits ? Tout d’abord il faut savoir que ces couches ouvrières de la population française ont accédé tardivement à la maison individuelle, sur laquelle ont été projetés toutes les aspirations et espoirs de promotion sociale. L’arrivée des immigrés dans « leur » quartier évoque, à leurs yeux, le processus de dévalorisation, déjà fuit, lors du départ des HLM de ces couches.

Le discours alors le plus souvent entendu, entre gens de bonne compagnie s’entend, est :

« je ne suis pas raciste mais… » ou bien « ils ne vivent pas comme nous » ou encore « ils vivent à combien là dedans ? » « leurs gosses sont de vrais bandits » etc.

Dans ces cas là, argumenter n’est d’aucun secours. Le véritable souhait, généralement non exprimé, mais pas toujours, c’est de vivre dans un quartier « réservé » et ne plus subir une cohabitation perçue comme humiliante avec une population estimée différente et, naturellement, inférieure.

Un tel phénomène n’est pas anodin. Il mène, à terme, à la ségrégation spatiale entre les communautés. C'est aux anti-racistes de le combattre de toutes leurs forces.

Par JF - Publié dans : Racisme
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Jeudi 19 octobre 2006 4 19 /10 /Oct /2006 15:51
Texte écrit en juin 2004...

 

L’enjeu pétrolier dans la guerre américaine contre l’Irak

 

Votre cours Histoire politique, économique et sociale aborde la question de l’invasion de l’Irak par les troupes américaines. J’ai lu votre texte, De la virtualité du gâteau irakien, publié sur votre site Internet. Ce dernier condense, en deux pages, le fond de vos positions, développées dans Considérations théoriques et éthiques sur la mondialisation.

J’ai choisi de vous faire part de mes réflexions et interrogations au sujet de cette intervention militaire des Etats-Unis, en axant mon texte sur la question du pétrole.

 

 

Vous démontrez que le pétrole irakien, but de guerre des américains pour « Beaucoup d’économistes et de spécialistes de la finance internationale », n’est pas, dans une dimension purement comptable, une « affaire très juteuse, où ne pourront participer que les pays qui ont fait le bon choix, les alliés des Etats-Unis ».

 

 

Comme vous l’expliquez, L’Irak est dans une situation économique beaucoup plus grave que l’Argentine, par exemple. Avec une dette extérieure de 383 milliards de dollars, ce « … pays est le plus endetté du monde…» et ce ne sont pas les recettes pétrolières qui pourront combler ce gouffre. D’autant plus que la résistance irakienne fera tout pour anéantir le rendement des puits et le transport du brut en détruisant les pipe-line, pourrait-il être ajouté.

 

 

Comme vous le dites, la valeur des exportations de l’Irak « est de l’ordre de 18 milliards de dollars. De ceci il résulte que la dette de ce pays est 21,2 fois supérieure à la valeur de ses exportations ». La valeur des exportations étant le « salaire » d’un pays (en dollars), lui permettant de financer son endettement, on ne voit pas comment l’Irak pourrait, ne parlons pas de rembourser le principal, mais tout simplement faire face au service de sa dette. Il est également à noter que, même en temps de paix, ce pays importait 14,5 milliards de dollars rien qu’en médicaments et nourriture !

 

 

L’Irak, comme vous le faites remarquer, n’honore plus le service de sa dette depuis la guerre du Golfe, en 1991. L’invasion du Kowëit par M. Saddam Hussein me paraissant d’ailleurs résulter de l’impossibilité pour Bagdad d’honorer ces engagements. Le Koweït, à cette époque, refusait de soutenir la demande irakienne d’augmentation des cours du brut à l’OPEP et pompait, sans vergogne, grâce à un système ingénieux, des nappes du sous sol de la région de Bassorah. Le Président irakien, se sentant provoqué, tomba dans le piège ainsi tendu, en envahissant le Koweït. Ce petit État, par ailleurs considéré par les nationalistes du Baath, comme étant une province irakienne, détachée arbitrairement du reste du pays par la volonté coloniale des Britanniques.

 

 

Pour ce qui est des réparations de guerre (172 milliards de dollars), exigées aujourd’hui par le Koweït, gageons que « l’ami américain » saura ramener à la raison ce petit pays. On ne voit pas bien non plus comment l’Iran pourrait, aujourd’hui, recueillir 100 milliards de dollars, toujours au titre des réparations de guerre.

 

 

En ce qui concerne la dette irakienne envers ses principaux créanciers, la Russie, la France et l’Allemagne, les pressions américaines ont déjà porté leurs fruits. Ainsi M. Chirac a d’ores et déjà promis de la diminuer de moitié et soyons sûrs que sur ce point les négociations sont loin d’être terminées ! Au final, c’est plus sur la dette privée que devraient porter les efforts de remboursement de l’Irak.

 

 

Ceci dit l’abandon d’une partie de la dette n’empêchera pas l’Irak d’être un pays en faillite..

 

 

Mais revenons à la question de fond. Que sont donc venus faire les Etats-Unis en Irak si ce n’est pour y réaliser des profits pétroliers colossaux ?

 

 

Vous affirmez que la verticalité de l’ordre international est bel et bien une réalité effective, Ce qui veut dire qu’au sommet de cet ordre règne une « … puissance messianique capable de frapper et anéantir tous ceux qui s’opposent à l’accomplissement de sa destinée dite manifeste… ».

 

 

Ceci en opposition totale aux principes d’équité internationaux car : « … le but principal de la raison axiologique au niveau international, est celui de la création d’une communauté de Nations capable de se reproduire dans la plénitude de ses capacités. En d’autres termes, le sens de cette finalité n’est pas de créer une communauté internationale structurée verticalement… ».

 

 

Il en découle que les Etats-Unis sont bien une puissance impériale et que cet état de fait est contraire à toute éthique et inacceptable pour les autres Nations.

 

 

« Dans la réalité, … le processus de la structuration verticale de l’ordre du Monde que nous connaissons, est le résultat du naufrage de la raison instituante ».

 

 

Ce naufrage, résulte bien de la dislocation des Accords de Bretton Woods, créant une situation où les Etats-Unis se sont trouvés avec le privilège exorbitant d’émettre la monnaie internationale, et donc d’acheter les biens et services du monde entier avec du simple papier, comme l’affirmait M. Charles de Gaulle le 4 février 1965, cité dans tous vos textes sur l’économie.

 

 

Aujourd’hui donc, les Etats-Unis d’Amérique dominent le Monde. Et ils entendent bien maintenir leur leadership. A n’importe quel prix ! Ainsi M. Zbigniew Brzezinski, l’un des grands maîtres du nouvel Empire affirmait, en 1997 :

 

 

 « le maintien du statut de superpuissance des Etats-Unis se résume aux trois grands impératifs géostratégiques suivants : éviter les collusions entre vassaux et les maintenir dans l’état de dépendance que justifie leur sécurité ; cultiver la docilité des sujets protégés, empêcher les barbares de former des alliances offensives »[1]

 

 

Quand au secrétaire d’État, M. Warren Christopher, il déclamait, dès le milieu des années 1990, son fameux crédo : « First America must lead ».

 

 

L’actuel vice-président des USA, M. Dick Cheney, associé à M. Rumsfeld, a même écrit, dans un texte destiné au Pentagone : «  La mission de l’Amérique consiste à s’assurer qu’aucune autre superpuissance ne puisse émerger dans le reste du monde »[2]

 

 

Si l’on pense que la raison a fait défaut à certains hommes politiques, de Bretton Woods, en 1944, aux accords de Washington, en 1971, consacrant l’hégémonie du dollar, l’on doit admettre que le nouvel Empire américain ne tient pas à lâcher sa position privilégiée de puissance impériale. Et les menaces de représailles contre « les barbares » osant se dresser face à l’Amérique sont claires…

 

 

M. Emmanuel Todd, dit, en parlant des Européens : « il suffirait qu’ils décident ensemble que l’hégémonie américaine n’est pas une bonne chose pour qu’elle cesse »[3]

 

 

Par quel moyen, peut-on légitimement s’interroger ? Vous apportez la réponse dans votre texte De la virtualité du gâteau irakien, en affirmant que le privilège exorbitant des Etats-Unis d’émettre la monnaie internationale :

 

 

 

 

 

« …peut devenir son problème, car il est son talon d’Achille. En effet, la monnaie et les bons du Trésor d’un pays circulant sur le marché international, sont des créances auprès de l’organisme émetteur et constituent un endettement en puissance pour celui-ci. Pour cette raison, des économistes américains – comme Milton Friedman et Robert Mundell – ont souligné le fait que cette monnaie peut devenir un jour un problème majeur pour les Etats-Unis. Parce qu’elle peut provoquer la dépréciation à l’infini du dollar. De sorte que ce qui est le fondement de la superpuissance de cette Nation, peut devenir la cause de sa propre perte ».

 

 

Bien sûr, la fin de l’hégémonie du dollar mène au retour de la solvabilité des Nations. Mais les Américains laisseraient-ils, sans réagir, les Européens, ou d’autres, se débarrasser massivement de leurs réserves en Bons du Trésor américain ? quels moyens de pression, outre l’agression militaire pure et simple, dont ils sont fort capables, utiliseraient-ils pour empêcher ce cauchemar, pour eux, de devenir réalité ?

 

 

L’on sait le peu de cas fait par l’administration Bush pour la légalité internationale et combien les Américains ont toujours su manier la carotte et le bâton pour annihiler leurs adversaires (cf. les 85 millions de dollars promis aux édiles de Falloujah, pendant le siège, « pour reconstruire la ville » ce qui, décodé, signifie en fait, « pour acheter la résistance. »).

 

 

Revenons aux questions du pétrole et de l’agression militaire américaine contre L’Irak (et l’Afghanistan avant lui).

 

 

Ce qu’ont fait les États-Unis en Irak, c’est de remplacer M. Hussein par un gouvernement fantoche entièrement à leur solde. Ce dernier, à l’image d’un chien trop battu, s’était retourné contre ceux qui pensaient être son maître.

 

 

A l’heure actuelle, les Américains décident, sans partage, des orientations politiques et économiques du pays. Il est intéressant de noter que M. Clinton vient de révéler qu’il projetait, lui aussi, d’en finir avec la direction irakienne et qu’en dehors de critiques secondaires, il n’était pas opposé à cette intervention armée. Ce qui veut dire que ce ne sont pas uniquement les dirigeants de la droite extrême américaine, mais aussi ceux de la gauche démocrate, qui étudiaient cette agression militaire, au mépris de toutes les lois internationales.

 

 

Historiquement, les Etats-Unis ont confié, à leurs protégés israéliens, en contre-partie des terres palestiniennes, conquises par la force et au nom de Dieu, la charge de contrôler le Moyen-Orient. C’est la seule puissance régionale autorisée à posséder un stock d’armes nucléaires, chimiques et bactériologiques, sans que personne n’y trouve à redire.

 

 

Devant les succès tout relatifs obtenus par cette puissance coloniale -l’Irak, d’avant la guerre du Golfe, et l’Iran s’avérant être des puissances régionales en devenir, proches de détenir, elles aussi, l’armement nucléaire- les USA se sont vus contraints d’intervenir de plus en plus directement dans cette région. A la satisfaction générale de leur protégé israélien.

 

 

Ayant largement contribué, dans les années 1980, à impulser la guerre entre l’Iran et l’Irak, dans le but d’affaiblir simultanément ces deux Nations, les Américains ne s’en tinrent pas là. Au nom des grands principes de la « Démocratie et de la souveraineté des peuples » ils vinrent « au secours » du Koweït, « Petit Poucet » agressé par l’ogre irakien. Après de terribles bombardements et un embargo de plus de douze ans, l’Irak fut ramené à l’âge de pierre.

 

 

Pays ravagé par les maladies et la famine, incapable de menacer qui que ce soit, ce dernier fut à nouveau envahi par les armées US, au nom, cette fois ci, de la « lutte contre le terrorisme » et de la « destruction des armes de destruction massives » supposées détenues par Bagdad. Cette fois ci les armées de la « Démocratie » ont bien l’intention de demeurer sur place, au pied des puits de pétrole.

 

 

Comme l’écrit Sami Naïr, « le pétrole est la clef de voûte du système économique mondial et commande sur le long terme les rapports de force entre les puissances. Qui peut peser sur la production, la circulation et les prix du pétrole, peut orienter le système mondial »[4].

 

 

Les Etats-Unis, en tentant d’installer durablement des bases militaires partout au Moyen-Orient, et bien sûr ailleurs, espèrent contrôler les ressources énergétiques dont dépendront les économies de leurs principaux rivaux. Leur but étant d’empêcher toute puissance, quelle qu’elle soit, comme le dit si clairement M. Cheney, de rivaliser avec la leur, il est certain qu’ils maintiendront leur main-mise sur le pétrole. Leur intervention en Afghanistan leur ayant déjà permis de prendre le contrôle du brut d’Asie centrale et de la mer Caspienne, soit 26% des réserves mondiales. De plus, les Américains superviseront le futur oléoduc reliant le Turkménistan au Pakistan, via l’Afghanistan.

 

 

L’occupation de la région, toute entière, n’est d’ailleurs pas exclue dans les plans des stratèges de la droite radicale. M. Richard Perle affirmait, en mars 2004, « [Les régimes iranien et nord-coréen] représentent une menace intolérable pour la sécurité américaine. Nous devons agir vigoureusement contre eux et contre tous les autres sponsors du terrorime : La Syrie, la Lybie et L’Arabie saoudite. Et nous n’avons pas beaucoup de temps. »[5].

 

 

Ces menaces d’un des faucons de la droite américaine, incluent donc l’Arabie saoudite, premier producteur mondial de brut, et deux autres géants de la production d’or noir, l’Iran et la Lybie. Cette fuite en avant, par l’agression militaire, n’est pas impossible au vu des derniers développements sécuritaires en Arabie Saoudite. Développements qui pourraient fort bien sembler « providentiels » à Washington, à l’exemple des attentats de septembre 2001, sans lesquels l'occupation de l’Afghanistan eut été rendue bien plus complexe.

 

 

Avec deux tiers des réserves prouvées et 44,6% des exportations mondiales de brut, les pays de cette région sont donc ceux visés par les amis de M. Perle, au nom de la « guerre contre le terrorisme » et de la lutte contre « l’axe du mal ».

 

 

Si l’opinion sent, plus ou moins confusément, une « odeur de pétrole » dans cette aventure guerrière et si l’on admet que les « colossaux profits pétroliers » ne sont que miroir aux alouettes, il est nécessaire de comprendre ce que les Etats-Unis sont venus réellement chercher dans ce bourbier irakien.

 

 

Dans son rapport sur les « Perspectives énergétiques mondiales », l’Agence internationale de l’énergie (AIE) « maintient inchangées, par rapport à l’année précédente, ses estimations de la demande et de l’offre mondiales au cours des 20 prochaines années, à savoir un accroissement moyen de la demande de 1,9% par an, qui conduirait à une demande mondiale de 95,8 millions de barils jour (mbj) en 2010 et 114,7 mbj en 2020. Cela représente une demande additionnelle de quelques 20 mbj d’ici à 2010, et de plus de 40 mbj d’ici à 2020.

 

 

 

Il faudrait, en d’autres termes, mettre en place de nouvelles capacités de production qui équivalent, d’ici à 2010, au double de la capacité actuelle de production de l’Arabie saoudite et, d’ici à 2020, à 130% du total des capacités actuelles de tous les pays de l’OPEP réunis. Il s’agit là d’un défi colossal et personne n’ose dire pour le moment si, et comment, il pourrait être relevé. »[6].

 

 

Ainsi entre 1997 et 2020 la dépendance des « principaux pays consommateurs passerait de 44,6% à 58% pour l’Amérique du Nord, de 52,5% à 79% pour l’Europe et de 88,8% à 92,4% pour la région Pacifique. »[7]

 

 

Le Moyen-Orient restera donc le centre névralgique pour la fourniture de brut au reste du monde et son rôle se renforcera même considérablement dans les deux prochaines décennies. Les autres sources d’approvisionnement, quoique non négligeables, ne resteront que secondaires.

 

 

Les investissements colossaux, nécessaires à cette production, en forte expansion, sont estimés à 300 milliards de dollars. Dans le climat d’incertitudes ouvert par les attentats du 11 septembre qui aurait décidé d’investir ?

 

 

En contrôlant la région, par le biais de gouvernements, au sort lié au leur, les Américains se sont donnés les moyens de leur ambition planétaire. Leur domination politique obtenue par la force des armes, il ne leur restera plus qu’à exiger de leurs « protégés » de conclure les bons contrats comme ils le souhaitent. Assurées de réaliser des profits suffisants, justifiant leurs investissements, les compagnies pétrolières opéreront dans un climat apaisé. Et pas seulement les compagnies américaines mais aussi celles, européennes entre autres, prêtes à investir pour le « bien commun », c’est-à-dire développer la production d’or noir à un coût supportable pour l’économie mondiale « globalisée », c’est-à-dire sous domination américaine.

 

 

Tel me semble être le plan. Mais sa réalisation pose problème, c’est le moins qu’on puisse en dire.

 

 

Les Etats-Unis iront-ils au bout de leur logique, de ce qu’il me plait d’appeler leur folie raisonnante, à l’image du paranoïaque dont la logique, imparable, repose sur des bases entièrement faussées? Ne seront-ils pas freinés dans leur soif absolue de domination mondiale par la résistance acharnée des peuples qu’ils espèrent soumettre ? Ont-ils déjà oublié l’histoire du xxème siècle, qui fut celui de la décolonisation ?

 

 

Par leur contrôle sur les ressources énergétiques de la planète, Les Étas-Unis entendent donc perpétuer leur hégémonie, aussi longtemps que leur formidable puissance militaire le leur permettra. Comme le dit M. Sadowski « …L’or noir figure dans les calculs irakiens de Washington comme ressource stratégique plutôt qu’économique : avec cette guerre, il s’agit davantage de perpétuer l’hégémonie américaine que de gonfler les bénéfices d’Exxon. »[8].

 

 

Comment maintenir les vassaux dans l’état de dépendance souhaité ?

Si une puissance « montante », la Chine, par exemple, a un jour des velléités d’hostilité envers les USA, ( ne serait-ce qu’en se débarrassant massivement de ses réserves en bons du Trésor américain) il sera facile de la menacer d’asphyxie énergétique en lui coupant la route du pétrole. Pourquoi pas au nom des « Droits de l’homme » ?

 

 

La Chine, troisième consommateur mondial est, en effet, largement dépendante pour son approvisionnement en pétrole. En 2001 elle a importé le tiers de ses besoins en brut. Dès 2015, elle devra importer 4 millions de barils/jour, ce qui représente la moitié de la production actuelle de l’Arabie Saoudite.

 

 

Bien sûr la politique chinoise actuelle consiste à acheter, à tour de bras et chaque jour davantage, des Bons du Trésor américain. Qui sont d’ailleurs une dette pour les Etats-Unis. Mais les dirigeants américains savent, par expérience, que les relations d’amitié au plan international sont mouvantes et que telle situation, favorable au départ, peut se retourner très vite en son contraire. Donc ils se méfient et, dans l’ombre, fourbissent déjà les armes de leurs combats futurs.

 

 

Par la force des armes, les Américains tentent aujourd’hui de remodeler le Moyen-Orient à leur convenance et, ainsi, d’assurer leur hégémonie planétaire pour le siècle à venir.

 

 

Comme l’affirme M. Rumsfeld : « La défense des Etats-Unis requiert la prévention, l’autodéfense et parfois l’action en premier ». La conquête militaire des champs pétrolifères se veut donc l’arme absolue de domination pour une Nation qui a démontré qu’elle savait agir en dépit des règles du Droit international et de la volonté des autres peuples.

 

 

Il est à noter que le concept de « guerre préventive » remet en cause toute légalité internationale. C’est le droit, que s’arrogent les USA, d’agresser toute Nation estimée hostile, en violation des principes internationaux en vigueur depuis le Traité de Westphalie, signé en 1648, selon lequel aucun État ne doit intervenir dans les affaires intérieures d’un autre pays.

 

 

Un gouvernement de marionnettes, à la solde des intérêts américains, a été installé en Irak. Le peuple résiste aux occupants, au grand dam des nombreux journalistes de révérence, admirateurs de l’Oncle Sam, que compte notre pays. Ainsi sur LCI (Chaîne d’informations liée à TF1), on a pu entendre ces derniers jours : « En Irak, les terroristes liés à Al Qaida, tentent de faire dérailler le processus démocratique »[9]. Quoiqu’il en soit, les plans américains, leur « programme maximum » devront sans doute être révisés à la baisse, car il est de plus en plus clair que leur expédition tourne au désastre :

 

 

« Les officiers d’active [de l’armée américaine] savent que les Etats-Unis s’acheminent vers une défaite. ».[10]

 

 

« Fondée sur des prédictions et des recommandations de la cabale néoconservatrice de Washington, la stratégie américaine globale en Irak se révèle finalement un désastre, désastre que les observateurs informés ont toujours vu venir. »[11].

 

 

Ce « désastre », comme tous les avatars des guerres coloniales sera aussi moral, suite aux révélations sur les sévices endurés par les Irakiens enfermés à la prison d’Abu Ghraib. Comme le dit M. Cofer Black, chef du Centre de contre-terrorisme de la CIA « Il y a un avant et un après 11 septembre. Après le 11 septembre, on n’y va pas de main morte. ».[12]

 

 

Pourtant, monsieur Bush, en 2003, se préoccupait encore d’éthique. Il n’avait pas dû beaucoup lire le Washington Post en décembre 2002, cité dans l’article de M. Ramonet du Monde diplomatique de juin 2004, révélant « que les prisonniers accusés d’appartenir au réseau Al-Qaida étaient détenus par la CIA dans le bagne de Bagram, en Afghanistan, dans des conditions inhumaines et martyrisés. »

 

Il osait même déclarer :

 

« Les Etats-Unis agissent pour l’élimination mondiale de la torture, et nous conduisons ce combat en prêchant par l’exemple. J’appelle tous les gouvernements à rejoindre les Etats-Unis et la communauté des États de Droit pour punir tous les actes de torture et empêcher les châtiments cruels et disproportionnés. »[13]

 

 

L’état catastrophique du monde, où « la moitié des habitants de notre planète vivent avec moins de 2 dollars par jour, 1/3 avec moins d’un dollar » résulte de la duplicité, de la morgue et de la paranoïa des dirigeants des Etats-Unis et de tous ceux qui veulent bien les suivre. ( les « vassaux » participant, peu ou prou, au festin).

 

 

Comme l’a dit M. Jean Baudrillard « la mondialisation du terrorisme répond au terrorisme de la mondialisation ». Les prédictions auto-réalisatrices des théoriciens de la « Guerre des Civilisations » deviennent tangibles.

 

 

Arc-boutés sur leurs croyances et religion, les peuples du Moyen-Orient résisteront à l'inconcevable. Nous sommes loin du monde où doit régner « la raison instituante » et où les croyances et idéologies devront laisser place à la claire conscience des objectifs à atteindre que les hommes se seront eux-mêmes fixés.

 

 

Dans notre pays, les intellectuels médiatisés, MM. Sollers, July, Kouchner, Lévy et autres, après avoir dirigé la « révolution prolétarienne », ont tous soutenu la guerre contre l’Irak. Ayant échangé le « petit livre rouge » du « Grand timonier » contre les thèses guerrières de la droite radicale américaine, ils démontrent qu’un esprit éclairé peut fort bien s’égarer deux fois dans une vie, tout en conservant un formidable aplomb… A moins d’envisager que les évènements de mai 68 ne furent, pour eux, que l’occasion rêvée de tenter de renverser M. Charles de Gaulle, qui n’acceptait pas, lui, la rente de situation du dollar, achevée en 1971, lors des Accords de Washington.

 

 

Pour finir, espérons qu’un peu de lucidité jaillira des cerveaux de tous ceux qui font « profession de penser », peut-être sous la pression des évènements créés par la fureur des peuples agressés, et qu’un peu de raison réapparaîtra à la surface de notre planète.

Faute de quoi, la seule issue possible sera la défaite militaire des armées de la « Croisade d’au moins 10 ans » et le retour des troupes impériales US sur leur propre sol, l’ouverture de négociations avec la résistance, les « terroristes », menant aux solutions de bon sens qui auraient dues être prises avant le bain de sang actuel.



[1] Zbigniew Brzezinski, Le grand échiquier. L’Amérique et le reste du Monde, Bayard, Paris 1997, P. 68

[2] New-York Times, 8 mars 1992,

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