A propos de l'Irak.

Publié le par JF

Texte écrit en juin 2004...

 

L’enjeu pétrolier dans la guerre américaine contre l’Irak

 

Votre cours Histoire politique, économique et sociale aborde la question de l’invasion de l’Irak par les troupes américaines. J’ai lu votre texte, De la virtualité du gâteau irakien, publié sur votre site Internet. Ce dernier condense, en deux pages, le fond de vos positions, développées dans Considérations théoriques et éthiques sur la mondialisation.

J’ai choisi de vous faire part de mes réflexions et interrogations au sujet de cette intervention militaire des Etats-Unis, en axant mon texte sur la question du pétrole.

 

 

Vous démontrez que le pétrole irakien, but de guerre des américains pour « Beaucoup d’économistes et de spécialistes de la finance internationale », n’est pas, dans une dimension purement comptable, une « affaire très juteuse, où ne pourront participer que les pays qui ont fait le bon choix, les alliés des Etats-Unis ».

 

 

Comme vous l’expliquez, L’Irak est dans une situation économique beaucoup plus grave que l’Argentine, par exemple. Avec une dette extérieure de 383 milliards de dollars, ce « … pays est le plus endetté du monde…» et ce ne sont pas les recettes pétrolières qui pourront combler ce gouffre. D’autant plus que la résistance irakienne fera tout pour anéantir le rendement des puits et le transport du brut en détruisant les pipe-line, pourrait-il être ajouté.

 

 

Comme vous le dites, la valeur des exportations de l’Irak « est de l’ordre de 18 milliards de dollars. De ceci il résulte que la dette de ce pays est 21,2 fois supérieure à la valeur de ses exportations ». La valeur des exportations étant le « salaire » d’un pays (en dollars), lui permettant de financer son endettement, on ne voit pas comment l’Irak pourrait, ne parlons pas de rembourser le principal, mais tout simplement faire face au service de sa dette. Il est également à noter que, même en temps de paix, ce pays importait 14,5 milliards de dollars rien qu’en médicaments et nourriture !

 

 

L’Irak, comme vous le faites remarquer, n’honore plus le service de sa dette depuis la guerre du Golfe, en 1991. L’invasion du Kowëit par M. Saddam Hussein me paraissant d’ailleurs résulter de l’impossibilité pour Bagdad d’honorer ces engagements. Le Koweït, à cette époque, refusait de soutenir la demande irakienne d’augmentation des cours du brut à l’OPEP et pompait, sans vergogne, grâce à un système ingénieux, des nappes du sous sol de la région de Bassorah. Le Président irakien, se sentant provoqué, tomba dans le piège ainsi tendu, en envahissant le Koweït. Ce petit État, par ailleurs considéré par les nationalistes du Baath, comme étant une province irakienne, détachée arbitrairement du reste du pays par la volonté coloniale des Britanniques.

 

 

Pour ce qui est des réparations de guerre (172 milliards de dollars), exigées aujourd’hui par le Koweït, gageons que « l’ami américain » saura ramener à la raison ce petit pays. On ne voit pas bien non plus comment l’Iran pourrait, aujourd’hui, recueillir 100 milliards de dollars, toujours au titre des réparations de guerre.

 

 

En ce qui concerne la dette irakienne envers ses principaux créanciers, la Russie, la France et l’Allemagne, les pressions américaines ont déjà porté leurs fruits. Ainsi M. Chirac a d’ores et déjà promis de la diminuer de moitié et soyons sûrs que sur ce point les négociations sont loin d’être terminées ! Au final, c’est plus sur la dette privée que devraient porter les efforts de remboursement de l’Irak.

 

 

Ceci dit l’abandon d’une partie de la dette n’empêchera pas l’Irak d’être un pays en faillite..

 

 

Mais revenons à la question de fond. Que sont donc venus faire les Etats-Unis en Irak si ce n’est pour y réaliser des profits pétroliers colossaux ?

 

 

Vous affirmez que la verticalité de l’ordre international est bel et bien une réalité effective, Ce qui veut dire qu’au sommet de cet ordre règne une « … puissance messianique capable de frapper et anéantir tous ceux qui s’opposent à l’accomplissement de sa destinée dite manifeste… ».

 

 

Ceci en opposition totale aux principes d’équité internationaux car : « … le but principal de la raison axiologique au niveau international, est celui de la création d’une communauté de Nations capable de se reproduire dans la plénitude de ses capacités. En d’autres termes, le sens de cette finalité n’est pas de créer une communauté internationale structurée verticalement… ».

 

 

Il en découle que les Etats-Unis sont bien une puissance impériale et que cet état de fait est contraire à toute éthique et inacceptable pour les autres Nations.

 

 

« Dans la réalité, … le processus de la structuration verticale de l’ordre du Monde que nous connaissons, est le résultat du naufrage de la raison instituante ».

 

 

Ce naufrage, résulte bien de la dislocation des Accords de Bretton Woods, créant une situation où les Etats-Unis se sont trouvés avec le privilège exorbitant d’émettre la monnaie internationale, et donc d’acheter les biens et services du monde entier avec du simple papier, comme l’affirmait M. Charles de Gaulle le 4 février 1965, cité dans tous vos textes sur l’économie.

 

 

Aujourd’hui donc, les Etats-Unis d’Amérique dominent le Monde. Et ils entendent bien maintenir leur leadership. A n’importe quel prix ! Ainsi M. Zbigniew Brzezinski, l’un des grands maîtres du nouvel Empire affirmait, en 1997 :

 

 

 « le maintien du statut de superpuissance des Etats-Unis se résume aux trois grands impératifs géostratégiques suivants : éviter les collusions entre vassaux et les maintenir dans l’état de dépendance que justifie leur sécurité ; cultiver la docilité des sujets protégés, empêcher les barbares de former des alliances offensives »[1]

 

 

Quand au secrétaire d’État, M. Warren Christopher, il déclamait, dès le milieu des années 1990, son fameux crédo : « First America must lead ».

 

 

L’actuel vice-président des USA, M. Dick Cheney, associé à M. Rumsfeld, a même écrit, dans un texte destiné au Pentagone : «  La mission de l’Amérique consiste à s’assurer qu’aucune autre superpuissance ne puisse émerger dans le reste du monde »[2]

 

 

Si l’on pense que la raison a fait défaut à certains hommes politiques, de Bretton Woods, en 1944, aux accords de Washington, en 1971, consacrant l’hégémonie du dollar, l’on doit admettre que le nouvel Empire américain ne tient pas à lâcher sa position privilégiée de puissance impériale. Et les menaces de représailles contre « les barbares » osant se dresser face à l’Amérique sont claires…

 

 

M. Emmanuel Todd, dit, en parlant des Européens : « il suffirait qu’ils décident ensemble que l’hégémonie américaine n’est pas une bonne chose pour qu’elle cesse »[3]

 

 

Par quel moyen, peut-on légitimement s’interroger ? Vous apportez la réponse dans votre texte De la virtualité du gâteau irakien, en affirmant que le privilège exorbitant des Etats-Unis d’émettre la monnaie internationale :

 

 

 

 

 

« …peut devenir son problème, car il est son talon d’Achille. En effet, la monnaie et les bons du Trésor d’un pays circulant sur le marché international, sont des créances auprès de l’organisme émetteur et constituent un endettement en puissance pour celui-ci. Pour cette raison, des économistes américains – comme Milton Friedman et Robert Mundell – ont souligné le fait que cette monnaie peut devenir un jour un problème majeur pour les Etats-Unis. Parce qu’elle peut provoquer la dépréciation à l’infini du dollar. De sorte que ce qui est le fondement de la superpuissance de cette Nation, peut devenir la cause de sa propre perte ».

 

 

Bien sûr, la fin de l’hégémonie du dollar mène au retour de la solvabilité des Nations. Mais les Américains laisseraient-ils, sans réagir, les Européens, ou d’autres, se débarrasser massivement de leurs réserves en Bons du Trésor américain ? quels moyens de pression, outre l’agression militaire pure et simple, dont ils sont fort capables, utiliseraient-ils pour empêcher ce cauchemar, pour eux, de devenir réalité ?

 

 

L’on sait le peu de cas fait par l’administration Bush pour la légalité internationale et combien les Américains ont toujours su manier la carotte et le bâton pour annihiler leurs adversaires (cf. les 85 millions de dollars promis aux édiles de Falloujah, pendant le siège, « pour reconstruire la ville » ce qui, décodé, signifie en fait, « pour acheter la résistance. »).

 

 

Revenons aux questions du pétrole et de l’agression militaire américaine contre L’Irak (et l’Afghanistan avant lui).

 

 

Ce qu’ont fait les États-Unis en Irak, c’est de remplacer M. Hussein par un gouvernement fantoche entièrement à leur solde. Ce dernier, à l’image d’un chien trop battu, s’était retourné contre ceux qui pensaient être son maître.

 

 

A l’heure actuelle, les Américains décident, sans partage, des orientations politiques et économiques du pays. Il est intéressant de noter que M. Clinton vient de révéler qu’il projetait, lui aussi, d’en finir avec la direction irakienne et qu’en dehors de critiques secondaires, il n’était pas opposé à cette intervention armée. Ce qui veut dire que ce ne sont pas uniquement les dirigeants de la droite extrême américaine, mais aussi ceux de la gauche démocrate, qui étudiaient cette agression militaire, au mépris de toutes les lois internationales.

 

 

Historiquement, les Etats-Unis ont confié, à leurs protégés israéliens, en contre-partie des terres palestiniennes, conquises par la force et au nom de Dieu, la charge de contrôler le Moyen-Orient. C’est la seule puissance régionale autorisée à posséder un stock d’armes nucléaires, chimiques et bactériologiques, sans que personne n’y trouve à redire.

 

 

Devant les succès tout relatifs obtenus par cette puissance coloniale -l’Irak, d’avant la guerre du Golfe, et l’Iran s’avérant être des puissances régionales en devenir, proches de détenir, elles aussi, l’armement nucléaire- les USA se sont vus contraints d’intervenir de plus en plus directement dans cette région. A la satisfaction générale de leur protégé israélien.

 

 

Ayant largement contribué, dans les années 1980, à impulser la guerre entre l’Iran et l’Irak, dans le but d’affaiblir simultanément ces deux Nations, les Américains ne s’en tinrent pas là. Au nom des grands principes de la « Démocratie et de la souveraineté des peuples » ils vinrent « au secours » du Koweït, « Petit Poucet » agressé par l’ogre irakien. Après de terribles bombardements et un embargo de plus de douze ans, l’Irak fut ramené à l’âge de pierre.

 

 

Pays ravagé par les maladies et la famine, incapable de menacer qui que ce soit, ce dernier fut à nouveau envahi par les armées US, au nom, cette fois ci, de la « lutte contre le terrorisme » et de la « destruction des armes de destruction massives » supposées détenues par Bagdad. Cette fois ci les armées de la « Démocratie » ont bien l’intention de demeurer sur place, au pied des puits de pétrole.

 

 

Comme l’écrit Sami Naïr, « le pétrole est la clef de voûte du système économique mondial et commande sur le long terme les rapports de force entre les puissances. Qui peut peser sur la production, la circulation et les prix du pétrole, peut orienter le système mondial »[4].

 

 

Les Etats-Unis, en tentant d’installer durablement des bases militaires partout au Moyen-Orient, et bien sûr ailleurs, espèrent contrôler les ressources énergétiques dont dépendront les économies de leurs principaux rivaux. Leur but étant d’empêcher toute puissance, quelle qu’elle soit, comme le dit si clairement M. Cheney, de rivaliser avec la leur, il est certain qu’ils maintiendront leur main-mise sur le pétrole. Leur intervention en Afghanistan leur ayant déjà permis de prendre le contrôle du brut d’Asie centrale et de la mer Caspienne, soit 26% des réserves mondiales. De plus, les Américains superviseront le futur oléoduc reliant le Turkménistan au Pakistan, via l’Afghanistan.

 

 

L’occupation de la région, toute entière, n’est d’ailleurs pas exclue dans les plans des stratèges de la droite radicale. M. Richard Perle affirmait, en mars 2004, « [Les régimes iranien et nord-coréen] représentent une menace intolérable pour la sécurité américaine. Nous devons agir vigoureusement contre eux et contre tous les autres sponsors du terrorime : La Syrie, la Lybie et L’Arabie saoudite. Et nous n’avons pas beaucoup de temps. »[5].

 

 

Ces menaces d’un des faucons de la droite américaine, incluent donc l’Arabie saoudite, premier producteur mondial de brut, et deux autres géants de la production d’or noir, l’Iran et la Lybie. Cette fuite en avant, par l’agression militaire, n’est pas impossible au vu des derniers développements sécuritaires en Arabie Saoudite. Développements qui pourraient fort bien sembler « providentiels » à Washington, à l’exemple des attentats de septembre 2001, sans lesquels l'occupation de l’Afghanistan eut été rendue bien plus complexe.

 

 

Avec deux tiers des réserves prouvées et 44,6% des exportations mondiales de brut, les pays de cette région sont donc ceux visés par les amis de M. Perle, au nom de la « guerre contre le terrorisme » et de la lutte contre « l’axe du mal ».

 

 

Si l’opinion sent, plus ou moins confusément, une « odeur de pétrole » dans cette aventure guerrière et si l’on admet que les « colossaux profits pétroliers » ne sont que miroir aux alouettes, il est nécessaire de comprendre ce que les Etats-Unis sont venus réellement chercher dans ce bourbier irakien.

 

 

Dans son rapport sur les « Perspectives énergétiques mondiales », l’Agence internationale de l’énergie (AIE) « maintient inchangées, par rapport à l’année précédente, ses estimations de la demande et de l’offre mondiales au cours des 20 prochaines années, à savoir un accroissement moyen de la demande de 1,9% par an, qui conduirait à une demande mondiale de 95,8 millions de barils jour (mbj) en 2010 et 114,7 mbj en 2020. Cela représente une demande additionnelle de quelques 20 mbj d’ici à 2010, et de plus de 40 mbj d’ici à 2020.

 

 

 

Il faudrait, en d’autres termes, mettre en place de nouvelles capacités de production qui équivalent, d’ici à 2010, au double de la capacité actuelle de production de l’Arabie saoudite et, d’ici à 2020, à 130% du total des capacités actuelles de tous les pays de l’OPEP réunis. Il s’agit là d’un défi colossal et personne n’ose dire pour le moment si, et comment, il pourrait être relevé. »[6].

 

 

Ainsi entre 1997 et 2020 la dépendance des « principaux pays consommateurs passerait de 44,6% à 58% pour l’Amérique du Nord, de 52,5% à 79% pour l’Europe et de 88,8% à 92,4% pour la région Pacifique. »[7]

 

 

Le Moyen-Orient restera donc le centre névralgique pour la fourniture de brut au reste du monde et son rôle se renforcera même considérablement dans les deux prochaines décennies. Les autres sources d’approvisionnement, quoique non négligeables, ne resteront que secondaires.

 

 

Les investissements colossaux, nécessaires à cette production, en forte expansion, sont estimés à 300 milliards de dollars. Dans le climat d’incertitudes ouvert par les attentats du 11 septembre qui aurait décidé d’investir ?

 

 

En contrôlant la région, par le biais de gouvernements, au sort lié au leur, les Américains se sont donnés les moyens de leur ambition planétaire. Leur domination politique obtenue par la force des armes, il ne leur restera plus qu’à exiger de leurs « protégés » de conclure les bons contrats comme ils le souhaitent. Assurées de réaliser des profits suffisants, justifiant leurs investissements, les compagnies pétrolières opéreront dans un climat apaisé. Et pas seulement les compagnies américaines mais aussi celles, européennes entre autres, prêtes à investir pour le « bien commun », c’est-à-dire développer la production d’or noir à un coût supportable pour l’économie mondiale « globalisée », c’est-à-dire sous domination américaine.

 

 

Tel me semble être le plan. Mais sa réalisation pose problème, c’est le moins qu’on puisse en dire.

 

 

Les Etats-Unis iront-ils au bout de leur logique, de ce qu’il me plait d’appeler leur folie raisonnante, à l’image du paranoïaque dont la logique, imparable, repose sur des bases entièrement faussées? Ne seront-ils pas freinés dans leur soif absolue de domination mondiale par la résistance acharnée des peuples qu’ils espèrent soumettre ? Ont-ils déjà oublié l’histoire du xxème siècle, qui fut celui de la décolonisation ?

 

 

Par leur contrôle sur les ressources énergétiques de la planète, Les Étas-Unis entendent donc perpétuer leur hégémonie, aussi longtemps que leur formidable puissance militaire le leur permettra. Comme le dit M. Sadowski « …L’or noir figure dans les calculs irakiens de Washington comme ressource stratégique plutôt qu’économique : avec cette guerre, il s’agit davantage de perpétuer l’hégémonie américaine que de gonfler les bénéfices d’Exxon. »[8].

 

 

Comment maintenir les vassaux dans l’état de dépendance souhaité ?

Si une puissance « montante », la Chine, par exemple, a un jour des velléités d’hostilité envers les USA, ( ne serait-ce qu’en se débarrassant massivement de ses réserves en bons du Trésor américain) il sera facile de la menacer d’asphyxie énergétique en lui coupant la route du pétrole. Pourquoi pas au nom des « Droits de l’homme » ?

 

 

La Chine, troisième consommateur mondial est, en effet, largement dépendante pour son approvisionnement en pétrole. En 2001 elle a importé le tiers de ses besoins en brut. Dès 2015, elle devra importer 4 millions de barils/jour, ce qui représente la moitié de la production actuelle de l’Arabie Saoudite.

 

 

Bien sûr la politique chinoise actuelle consiste à acheter, à tour de bras et chaque jour davantage, des Bons du Trésor américain. Qui sont d’ailleurs une dette pour les Etats-Unis. Mais les dirigeants américains savent, par expérience, que les relations d’amitié au plan international sont mouvantes et que telle situation, favorable au départ, peut se retourner très vite en son contraire. Donc ils se méfient et, dans l’ombre, fourbissent déjà les armes de leurs combats futurs.

 

 

Par la force des armes, les Américains tentent aujourd’hui de remodeler le Moyen-Orient à leur convenance et, ainsi, d’assurer leur hégémonie planétaire pour le siècle à venir.

 

 

Comme l’affirme M. Rumsfeld : « La défense des Etats-Unis requiert la prévention, l’autodéfense et parfois l’action en premier ». La conquête militaire des champs pétrolifères se veut donc l’arme absolue de domination pour une Nation qui a démontré qu’elle savait agir en dépit des règles du Droit international et de la volonté des autres peuples.

 

 

Il est à noter que le concept de « guerre préventive » remet en cause toute légalité internationale. C’est le droit, que s’arrogent les USA, d’agresser toute Nation estimée hostile, en violation des principes internationaux en vigueur depuis le Traité de Westphalie, signé en 1648, selon lequel aucun État ne doit intervenir dans les affaires intérieures d’un autre pays.

 

 

Un gouvernement de marionnettes, à la solde des intérêts américains, a été installé en Irak. Le peuple résiste aux occupants, au grand dam des nombreux journalistes de révérence, admirateurs de l’Oncle Sam, que compte notre pays. Ainsi sur LCI (Chaîne d’informations liée à TF1), on a pu entendre ces derniers jours : « En Irak, les terroristes liés à Al Qaida, tentent de faire dérailler le processus démocratique »[9]. Quoiqu’il en soit, les plans américains, leur « programme maximum » devront sans doute être révisés à la baisse, car il est de plus en plus clair que leur expédition tourne au désastre :

 

 

« Les officiers d’active [de l’armée américaine] savent que les Etats-Unis s’acheminent vers une défaite. ».[10]

 

 

« Fondée sur des prédictions et des recommandations de la cabale néoconservatrice de Washington, la stratégie américaine globale en Irak se révèle finalement un désastre, désastre que les observateurs informés ont toujours vu venir. »[11].

 

 

Ce « désastre », comme tous les avatars des guerres coloniales sera aussi moral, suite aux révélations sur les sévices endurés par les Irakiens enfermés à la prison d’Abu Ghraib. Comme le dit M. Cofer Black, chef du Centre de contre-terrorisme de la CIA « Il y a un avant et un après 11 septembre. Après le 11 septembre, on n’y va pas de main morte. ».[12]

 

 

Pourtant, monsieur Bush, en 2003, se préoccupait encore d’éthique. Il n’avait pas dû beaucoup lire le Washington Post en décembre 2002, cité dans l’article de M. Ramonet du Monde diplomatique de juin 2004, révélant « que les prisonniers accusés d’appartenir au réseau Al-Qaida étaient détenus par la CIA dans le bagne de Bagram, en Afghanistan, dans des conditions inhumaines et martyrisés. »

 

Il osait même déclarer :

 

« Les Etats-Unis agissent pour l’élimination mondiale de la torture, et nous conduisons ce combat en prêchant par l’exemple. J’appelle tous les gouvernements à rejoindre les Etats-Unis et la communauté des États de Droit pour punir tous les actes de torture et empêcher les châtiments cruels et disproportionnés. »[13]

 

 

L’état catastrophique du monde, où « la moitié des habitants de notre planète vivent avec moins de 2 dollars par jour, 1/3 avec moins d’un dollar » résulte de la duplicité, de la morgue et de la paranoïa des dirigeants des Etats-Unis et de tous ceux qui veulent bien les suivre. ( les « vassaux » participant, peu ou prou, au festin).

 

 

Comme l’a dit M. Jean Baudrillard « la mondialisation du terrorisme répond au terrorisme de la mondialisation ». Les prédictions auto-réalisatrices des théoriciens de la « Guerre des Civilisations » deviennent tangibles.

 

 

Arc-boutés sur leurs croyances et religion, les peuples du Moyen-Orient résisteront à l'inconcevable. Nous sommes loin du monde où doit régner « la raison instituante » et où les croyances et idéologies devront laisser place à la claire conscience des objectifs à atteindre que les hommes se seront eux-mêmes fixés.

 

 

Dans notre pays, les intellectuels médiatisés, MM. Sollers, July, Kouchner, Lévy et autres, après avoir dirigé la « révolution prolétarienne », ont tous soutenu la guerre contre l’Irak. Ayant échangé le « petit livre rouge » du « Grand timonier » contre les thèses guerrières de la droite radicale américaine, ils démontrent qu’un esprit éclairé peut fort bien s’égarer deux fois dans une vie, tout en conservant un formidable aplomb… A moins d’envisager que les évènements de mai 68 ne furent, pour eux, que l’occasion rêvée de tenter de renverser M. Charles de Gaulle, qui n’acceptait pas, lui, la rente de situation du dollar, achevée en 1971, lors des Accords de Washington.

 

 

Pour finir, espérons qu’un peu de lucidité jaillira des cerveaux de tous ceux qui font « profession de penser », peut-être sous la pression des évènements créés par la fureur des peuples agressés, et qu’un peu de raison réapparaîtra à la surface de notre planète.

Faute de quoi, la seule issue possible sera la défaite militaire des armées de la « Croisade d’au moins 10 ans » et le retour des troupes impériales US sur leur propre sol, l’ouverture de négociations avec la résistance, les « terroristes », menant aux solutions de bon sens qui auraient dues être prises avant le bain de sang actuel.


[1] Zbigniew Brzezinski, Le grand échiquier. L’Amérique et le reste du Monde, Bayard, Paris 1997, P. 68

[2] New-York Times, 8 mars 1992,

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llh 09/01/2007 17:12

hé ben t'en a des choses à dire !

JF 03/03/2007 22:34

Ca m'arrive...

Ckrock 29/10/2006 14:38

Je pense que tu pourrais t'interresser à mon blog vu le contenu du tiens ;)http://ckrock21.over-blog.com/Bonne continuation