S'organiser, oui mais...

Publié le par JF

Quiconque a un tant soit peu milité, que ce soit dans un syndicat ou un parti politique, a pu remarquer combien ces organisations sont loin de respirer la fraternité d'armes, la solidarité, préfigurant la société future dont elles se prétendent porteuses.

Les guerres de factions, sur telle ou telle question, sont le lot quotidien de ces structures et aboutissent à de nombreuses exclusions tout cela dans un climat tendu et malsain.
Force est de constater que les partis révolutionnaires se sont toujours édifiés en tant que copies conformes de la société de classes.

La division dirigeants-dirigés et donc entre dominants et dominés, moins évidente au temps des débuts de l'organisation, se creuse avec le temps. L'adhérent de base est bien vite réduit à ne plus posséder aucun pouvoir réel autre que celui de ratifier, de temps à autre, telle ou telle nommination de chef, ou telle ou telle ligne politique déjà choisie en haut lieu.

Au cours de son développement l'organisation devient toujours plus complexe, donc affaire de spécialistes, ce qui a pour conséquence d'écarter de fait la masse des adhérents du pouvoir de décision. Monter les marches de la hiérarchie représente alors pour les individus les plus capables (ou les plus rusés) un moyen de promotion individuel lié à la jouissance du pouvoir partagé avec l'élite intellectuelle des spécialistes dont l'organisation s'entoure.

Vient ensuite, inévitablement, l'élargissement des contradictions entre la base et le sommet. L'organisation révolutionnaire se transforme alors en parti de pouvoir, légaliste et parlementaire. La coupure entre elle et la masse des gens qu'elle représentait devient définitive.

La naissance de telles oligarchies au sommet de toute organisation est un phénomène observable de tous temps. Les chefs, les dirigeants même issus de la masse, ne sont pas meilleurs que les autres hommes. Une fois les sommets du pouvoir entrevus, leur psychologie change souvent et ils « oublient » ce qui avait motivé leur révolte, l'injustice qu'ils ne subissent plus eux-mêmes.Ils peuvent donc s'accommoder du régime d'exploitation, tout en maintenant un faux discours « social » pour ne pas perdre tous leurs adhérents.

Puis vient la dernière étape, celle de la fusion des élites « révolutionnaires » et bourgeoises en une oligarchie nouvelle, exploitant à son tour la classe que l'une prétendait défendre et dont l'autre profitait déjà. Seul un renouvellement de l'élite dirigeante s'est produit, non une révolution sociale.
Pour toutes celle et ceux qui veulent changer la société et qui ont donc besoin de s'organiser, cette dure loi de la naissance des oligarchies au sein des organisations est à prendre en compte et des solutions nouvelles doivent être cherchées et surtout trouvées.

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EL 04/03/2007 19:57

BonsoirEt c'est ce qui est en train de se passer dans ce mouvement pour José Bové ... Les signes avant courreur  de cet état de fait existe déja ... Heureusement, il y a  un certain nombre de citoyens a lutter contre cet état de fait à l'interieur de ce mouvement ... Arriveront  ils justemen à faire mentir cet état de fait decriot dans ce billet ?Je l'espere de tout coeur et tnous verrons dans les semaines qui suivent ce qui se passera ... Interessant me semble t ilCordialementEL

JF 04/03/2007 22:51

Je ne veux pas te décourager... on en rediscutera après les elections

lek 04/03/2007 12:21

Dans ma fac y a des militants anars, lcr, les buros des orgas de jeunesses (jusqu'à Bruno Julliard), chez les profss des membres importants de ATTAC, des gens du PS de partout. Tout ça remixé ensemble, main dans la main.

JF 04/03/2007 22:56

ah, si toutes ces organisations étaient ce qu'elles prétendent  être...