Mexique, le luxe pour les riches, du plomb pour les pauvres...

Publié le par JF

 Le Mexicain Carlos Slim est devenu le troisième homme le plus riche du monde derrière  Bill Gates et Warren Buffet, d'après le magazine "Forbes".  Carlos Slim est le magnat du monopole mexicain du téléphone, privatisé en 1991, sur injonction du FMI et de la Banque mondiale. Il possède une fortune colossale qui a gonflé de 19 milliards de dollars (14 milliards d'euros) l'année derniere.

Comme l'affirme l'économiste Jonathan Heath, à propos de Carlos Slim, "Là où le bât blesse, c'est qu'il profite de ses monopoles, de rentes monopolistiques, c'est pourquoi il est devenu aussi riche."

Selon le rapport de 2005 de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), les tarifs téléphoniques du Mexique comptent aujourd'hui parmi les plus élevés d'Amérique du Sud. Le « libéralisme » c'est aussi mettre à genoux l'immense majorité des consommateurs au profit exclusif de quelques-uns!

Et tout ça dans un pays où le salaire horaire est de 0,5 dollar (37 centimes d'euros)!
Comme le dit Andres Manuel Lopez Obrador "Pourquoi voudrions-nous que quelques personnes amassent toute la richesse, si la majorité des Mexicains n'ont pas assez pour manger et que 30 millions vivent avec moins de 22 pesos (1,5 euro) par jour?".

En 1970, il suffisait de 96 heures de travail par  mois pour acquérir l'ensemble des biens de consommation nécessaires à une famille pour un travailleur gagnant le salaire minimum; il en faudra 234  en 1994 pour atteindre 373 heures en 1995...

Les politiques de désengagement de l'Etat, la vente des entreprises ex-nationalisées à  prix d'amis, la hausse des prix et une démocratie plus que douteuse génèrent évidemment la colère contre ce système politico-économique où une petite élite détient l'essentiel des richesses.

Quand le peuple se révolte, les « libéraux » font donner l'armée. Ce fut le cas lorsque l’intervention des militaires mexicains mit fin à la révolte populaire dans l’État d’Oaxaca en octobre 2006. Une vingtaine de morts, des  centaines de blessés et  quelques 60 disparus. Le centre ville d’Oaxaca a été remis aux riches. Les pauvres, eux, ont enterré leurs morts! Morts dûs à la rapacité de tous les Carlos Slim que compte le Mexique! Cependant des quartiers entiers demeurent  sous le contrôle du soulèvement populaire.

Espérons que la prochaine grosse révolte du peuple mexicain, qui ne saurait tarder au vu de ce qu'il subit, se donnera les moyens de contrer les forces de répression. Les manifestations pacifiques ne font des morts que du côté des pauvres et sont un régal pour les forces armées au service de la bourgeoisie dictatoriale, parée du faux masque des libéraux...

Sous les oripeaux faussement modernes du « libéralisme », c'est bien le vieux capitalisme qui se camoufle et qui doit être abattu, au Mexique comme ailleurs...

Publié dans Luttes sociales

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